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PELOTES ET TISSUS, DES LIVRES

Ma sélection de romans autour de la couture, de la broderie, du tricot et cetera. Une liste transmise à ma partenaire pour le swap Pelotes et tissus (je vous en parlais ici).


Kate Alcott, La petite couturière du Titanic
Archipoche, 2021
Avril 1912. Tess Collins, jeune Anglaise aspirant à percer dans le milieu de la mode, fait la connaissance, sur le Titanic, de Lucy Duff Gordon, célébrité de la haute couture. Mêlant l’histoire à la fiction, Kate Alcott nous raconte le destin d’une femme partie de rien qui s’imposera dans le New York des Années folles.

Rupa Bajwa, Le vendeur de saris
J’ai lu, 2014 (récente édition)
Si Ramchand n’est, aux yeux de ses clientes, qu’un simple vendeur de saris, il dissimule pourtant une moralité et une sensibilité rares. Son ignorance, source d’une immense honte, face à l’éducation d’une riche cliente change la donne désormais, il veut prendre sa vie en main. L’acquisition de deux grammaires anglaises marque le début d’une quête, celle d’un avenir meilleur et d’une existence plus juste. Mais si les horizons du jeune vendeur sont désormais élargis, la confrontation avec l’injustice et la cruauté du monde n’en est que plus brutale…

Hoda Barakat, Le laboureur des eaux
Actes Sud, 2001
Comme son père et son grand-père, Nicolas est un commerçant aisé du centre-ville de Beyrouth, où il possède un magasin d’étoffes renommé. Durant la guerre civile, il perd ses parents et sa maîtresse, Chamsa, la jeune et belle servante d’origine kurde. Puis le feu ravage le magasin familial, en préservant toutefois le sous-sol qui sert de dépôt. Nicolas s’y réfugie un jour et décide d’y vivre, au milieu de ses somptueuses soieries dont il connaît l’histoire et les variétés comme personne. A travers ces étoffes, il se remémore les deux femmes de sa vie : sa mère, fantasque et infidèle, et Chamsa, digne descendante d’un peuple insoumis, avec laquelle il aurait pu échapper à son sinistre destin…

Roland Brival, Sato San, le maître des corsets
Mercure de France, 2017
Il est des enfances dont l’on n’oserait rêver, comme celle de Shiro Sato. Grandir à Osaka dans l’intimité d’une mère dont les talents de couturière, experte en l’art des corsets, sont la cause d’un incessant ballet de femmes venues essayer leurs somptueux articles. L’expérience, il est vrai, a de quoi fasciner un jeune garçon à l’imagination débordante. Initié à son tour à l’art des couleurs, de la coupe et de la broderie, il sera un élève brillant. Mais, à côtoyer tous les jours des femmes à demi nues, il découvrira que, pour chaque homme, le plus difficile est encore d’apprendre à maîtriser ses désirs. Et cela d’autant plus que, dans le Japon des traditions millénaires, le raffinement et la cruauté voyagent souvent de concert…

Orly Castel-Bloom, Textile
Actes Sud, 2008
Quand elle ne dirige pas sa prospère entreprise spécialisée dans la fabrication de pyjamas pur coton, fort prisés par une fidèle clientèle de juifs orthodoxes, Mandy Gruber, la cinquantaine, a pris pour habitude de passer sous le bistouri de son chirurgien esthétique préféré : entre anesthésies et chocs opératoires, elle jouit d’heureux moments d’amnésie où ses angoisses incessantes – quant au sort de son fils entrain de faire ses trois ans de service militaire – lui laissent enfin un peu de repos… Quand s’ouvre le roman, profitant de l’absence de son époux, Irad, éternel candidat au Prix Nobel, parti aux Etats-Unis pour y mettre au point la formule d’une étoffe « anti-attentats », Mandy entre en clinique pour une énième intervention. Le couple ayant ainsi déserté la scène, leurs deux enfants, Da’el et Lirit, se retrouvent face à eux-mêmes et à leurs impossibles choix de vie, dans un insolite état de flottement auquel va mettre fin le tragique dénouement du roman familial.

Tracy Chevalier, La brodeuse de Winchester
Collection Quai Voltaire, La Table Ronde, 2020
Winchester, 1932. Violet Speedwell, dactylo de trente-huit ans, fait partie de ces millions de femmes restées célibataires depuis que la guerre a décimé toute une génération de fiancés potentiels. «Femme excédentaire», voilà l’étiquette qu’elle ne se résigne pas à porter, à une époque où la vie des femmes est strictement régentée. En quittant une mère acariâtre, Violet espérait prendre son envol, mais son maigre salaire lui permet peu de plaisirs et son célibat lui attire plus de mépris que d’amis. Le jour où elle assiste à un curieux office à la cathédrale, elle est loin de se douter que c’est au sein d’un cercle de brodeuses en apparence austère – fondé par la véritable Louisa Pesel – qu’elle trouvera le soutien et la créativité qui lui manquent. En se liant d’amitié avec l’audacieuse Gilda, Violet découvre aussi que la cathédrale abrite un tout autre cercle, masculin cette fois, dont Arthur, sonneur de cloches, semble disposé à lui dévoiler les coulisses. À la radio, on annonce l’arrivée d’un certain Hitler à la tête de l’Allemagne.

Tracy Chevalier, La dernière fugitive
Collection Quai Voltaire, La Table Ronde, 2013
Quand Honor Bright se décide à franchir l’Atlantique pour accompagner, au cœur de l’Ohio, sa sœur promise à un Anglais fraîchement émigré, elle pense pouvoir recréer auprès d’une nouvelle communauté le calme de son existence de jeune quaker : broderie, prière, silence. Mais l’Amérique de 1850 est aussi périlleuse qu’enchanteresse ; rien dans cette terre ne résonne pour elle d’un écho familier. Sa sœur emportée par la fièvre jaune à peine le pied posé sur le sol américain, Honor se retrouve seule sur les routes accidentées du Nouveau Monde. Très vite, elle fait la connaissance de personnages hauts en couleur. Parmi eux, Donovan, «chasseur d’esclaves», homme brutal et sans scrupules qui, pourtant, ébranle les plus profonds de ses sentiments. Mais Honor se méfie des voies divergentes. En épousant un jeune fermier quaker, elle croit avoir fait un choix raisonnable. Jusqu’au jour où elle découvre l’existence d’un «chemin de fer clandestin», réseau de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada.

Viola Di Grado, 70% acrylique 30% laine
Collection Cadre Vert, Seuil, 2012
Camelia et sa mère vivent en Angleterre, à Leeds, lieu hostile, figé dans un éternel hiver. Depuis la mort brutale du père, les deux femmes se sont enfermées dans un mutisme absolu, ne communiquant que par un alphabet de regards. Coupées du monde, elles s’adonnent à d’étranges lubies : Camelia récupère dans les poubelles des vêtements neufs qui semblent l’œuvre d’un couturier fou, sur lesquels elle s’acharne, armée de ciseaux, pour les « croiser » avec les siens, créant ainsi d’extravagants hybrides, tandis que sa mère photographie des trous en tout genre. Un jour, Camelia fait la connaissance de Wen, un jeune Chinois qui tient une boutique de vêtements avec son frère cadet, Jimmy. Wen la persuade de recommencer ses études de chinois. Les idéogrammes qu’elle dessine et leurs clefs parviennent miraculeusement à insuffler un peu de beauté dans sa vie : Camelia retrouve ainsi l’usage des mots, le goût du sens, et l’amour. Mais Wen la repousse tandis que Jimmy s’attache à elle…

Maria Dueñas, L’espionne de Tanger
Collection Grands Romans, Points, 2013
Sira, jeune espagnole passionnée, crée à Tétouan un atelier de couture qui fait le bonheur des riches expatriées. Talentueuse, elle devient vite leur confidente. Quand la guerre éclate, la maîtresse de l’ambassadeur d’Angleterre lui fait une proposition : être un agent des forces alliées. Témoins des alliances entre nazis et franquistes, les robes de Sira changeront-elles le sort de l’Europe ?
Un roman porté à l’écran en 2013 dans une série télévisée, El tiempo entre costuras.

Claire Gondor, Le cœur à l’aiguille
Buchet/Chastel, 2017
Banlieue parisienne, années 2000. Soir après soir, Leïla se penche sur son chef-d’œuvre d’encre et de papier : une robe constituée des cinquante-six lettres que lui a adressées Dan, son promis parti au loin.
Au fil des chapitres se dessine la trame de leur histoire commune : leurs rencontres, leur complicité, leur quotidien, les petits riens qui donnent à tout amour son relief si particulier. Chaque missive fait ressurgir un souvenir, un paysage, une sensation, qui éclairent peu à peu la géographie de leur intimité passée.

Ann Hood, Le cercle des tricotteuses
City, Hachette, 2014
Mary vient de perdre son unique enfant. Elle est désespérée et s’enfonce peu à peu dans la dépression. Jusqu’au jour où elle découvre les vertus du tricot. Avec des aiguilles et une pelote de laine entre les mains, Mary apprend à occuper son esprit sans ressasser sa douleur. Dans le magasin de tricot d’Alice, elle rejoint le « cercle des tricoteuses ». Il y a Scarlet qui, derrière son sourire, dissimule un vrai chagrin. Beth est le modèle de la femme au foyer, mais son univers rassurant est sur le point de s’effondrer. Et que cache Ellen, l’Irlandaise qui semble porter le poids du monde sur ses épaules ? Alors que les semaines passent, sous l’oeil de la mystérieuse Alice, des amitiés improbables se forment. Des secrets sont révélés et des pactes noués. Chaque membre du club doit apprendre à aller de l’avant et affronter son avenir…

Carole Martinez, Le cœur cousu
Collection Blanche, Gallimard, 2007
Frasquita Carasco a dans son village du sud de l’Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu’elle coud, aux objets qu’elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu’elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d’un papillon qu’il s’envolera par la fenêtre ; le cœur de soie qu’elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement… Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d’un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l’errance à travers l’Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus – ou accablés – de dons surnaturels…

Carole Martinez, Les roses fauves
Collection Blanche, Gallimard, 2020
Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des cœurs en tissu des femmes de sa lignée espagnole. Lola se demande si elle est faite de l’histoire familiale que ces cœurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés? Il faudrait déchirer ces cœurs pour le savoir…

Christiana Moreau, Cachemire rouge
Préludes, 2019
Trois destins liés par un fil rouge, celui d’un précieux cachemire tissé de manière ancestrale. Toscane. Alessandra est fière de la qualité des pulls et étoffes qu’elle vend dans sa boutique de Florence. Une fois par an, elle va s’approvisionner en Asie. Jusqu’à ce coup de foudre pour le cachemire rouge filé par une jeune fille, Bolormaa. Dans les steppes de Mongolie, celle-ci mène une existence nomade avec sa famille, en communion avec la nature. Mais, lorsqu’un hiver glacial décime leur troupeau de chèvres, elle doit quitter ses montagnes pour travailler à l’usine en Chine. C’est là qu’elle rencontre XiaoLi. Bientôt, dans l’espoir de se construire un avenir meilleur, les deux amies font le choix du départ. De l’Asie à l’Europe, du Transsibérien jusqu’en Italie, elles braveront tous les dangers pour prendre leur destinée en main et tenter de réaliser leur rêve.

Kien Nguyen, Le brodeur de Huê
Collection Quai Voltaire, La Table Ronde, 2004
Indochine, 1916. Sur la Rivière des Parfums glisse une jonque écarlate. À bord, Ven, rêveuse, attend son promis. Et découvre, abasourdie, qu’il s’agit d’un garçon de sept ans. Servante plutôt que femme, mère plutôt qu’amante, Ven n’en épousera pas moins le tumultueux destin du jeune Dan. Elle le suivra dans le malheur, la fuite, l’esclavage. Elle l’accompagnera dans la rébellion, le long apprentissage qui fera de lui le plus grand brodeur de Huê. Elle le soutiendra, surtout, dans le seul amour vraiment interdit au maître en tapisserie qu’il sera devenu; Mais peut-on renouer les fils du temps? L’art peut-il sauver du mal? Et la passion guérir de l’enfance? Sur fond de lumière des tropiques et d’une flamboyante fresque coloniale, ce roman célèbre les forces de la vie.

Whitney Otto, Le Jour du patchwork
Rivages poche, 1996
Chaque semaine, Glady Joe et ses amies se retrouvent pour coudre. Au gré de leur imagination, elles réalisent de superbes quilts. Elles perpétuent ainsi une tradition remontant aux pionnières américaines qui, grâce à quelques bouts d’étoffe, tissaient l’histoire de leur pays et de leur vie. À chaque fil un sentiment, à chaque couleur une étape de la vie, à chaque motif une épreuve du passé ou l’inspiration du moment. Elles nous parlent d’amour et de trahison, de solitude et de camaraderie et brodent pour nous le grand patchwork des petits et grands bonheurs.
Un film a été tiré du livre en 1996, réalisé par Jocelyn Moorhouse, produit par Steven Spielberg, avec Winona Ryder. Ellen Burnstyn, Ann Bancroft, Maya Angelou.

Sébastien Palle, L’Étoffe du destin
Éditions Héloïse d’Ormesson, 2019
Artisan teinturier avant-gardiste, Christophe Oberkampf révolutionne l’industrie des tissus imprimés, et le quotidien des élégantes, grâce à sa manufacture des toiles de Jouy. Prodige des mathématiques, Alina Diop bouleverse la finance de marché pour servir la cause des femmes à travers le monde.

Frances de Pontes Peebles, La couturière
Collection Grands Romans, Points, 2010
Emilia et Luzia, les sœurs orphelines, sont inséparables. Un jour, Luzia est enlevée par les cangaceiros, de terribles bandits. Dans ce Brésil âpre et violent des années 1930, Emilia nourrit toujours un infime espoir : et si Luzia avait survécu ? Se cacherait-elle sous les traits de la Couturière, cette femme réputée impitoyable, devenue chef des mercenaires ?

María Reimóndez, Le Club du tricot
Solanhets, 2016
Six femmes aux origines sociales et aux parcours personnels très divers se retrouvent régulièrement à la maison de quartier d’une petite ville dans le cadre d’une activité « féminine » jusqu’à la caricature : un cours de tricot. Chacune racontant aux autres sa propre histoire à sa façon et avec ses mots, elles parviennent peu à peu à prendre conscience de ce qui les unit, à ébranler leurs certitudes et à desserrer le carcan dans lequel la société les avait enfermées. D’étranges décès accidentels défraient alors la chronique locale ; curieusement, ils ne touchent que des hommes…

Claire Wolniewicz, Le temps d’une chute
Éditions Viviane Hamy, 2008
Madelaine a onze ans quand son père l’abandonne à l’orphelinat. Rebelle à toute autorité, solitaire au milieu des autres pensionnaires, la couture devient son refuge. Les sœurs la placent chez la Volladier, dans un atelier de confection de Limoges, où elle prend pleinement conscience de son talent et travaille sans relâche.

12 réflexions au sujet de “PELOTES ET TISSUS, DES LIVRES”

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