À mes heurs retrouvés (blog d'avant), Côté lecture

Sorj Chalandon, Une joie féroce

Tiens… Une larme à la lisière de mon œil. Elle ne coulera pas. La retenir. Et finalement, si. Pourquoi pleurer, maintenant ? Après ma lecture d’Une joie féroce, après ma lecture d’avis sur ce livre. Pourquoi être comme Jeanne et ne plus supporter telle ou telle critique… ? Pourquoi vouloir absolument trouver des personnes éprouvant le même sentiment que moi ? Pourquoi mal accepter le ressenti de l’autre, différent du mien ? Chacune, chacun, sa vision sur le livre.

Je ne sais pas.
Tout me semble flou, mes mots s’emmêlent avec ceux de Sorj, avec ceux des autres ; mes mots existent-ils ? Si oui, lesquels choisir ?
Je ne sais pas.
Je sais juste que je retranscris, tente de retranscrire, mes émotions de l’instant, de l’après.

Je me souviens de l’avant, quand Monsieur Cher-et-Tendre ne cessait de me vanter le talent de cet écrivain au point qu’il a lu tous ses livres. Je me souviens de m’être renseignée sur Sorj Chalandon, d’avoir lu le résumé d’Une joie féroce. Enfin ! M’étais-je dit, un roman de cet auteur qui m’attire. Les précédents me semblaient/semblent peu à ma portée : l’Histoire… Les guerres… Toujours une violence omniprésente dans nos vies, dans les livres… Bien sûr, l’Histoire et la guerre sont présentes dans Une joie féroce : mais l’Histoire reste anecdotique et la guerre n’est que métaphore.

Elles sont belles, les métaphores de Sorj Chalandon. Oui, son écriture est poétique, mais sans fioriture. Aucune. Elle sait être poignante et respiration quand il faut.

Encore une larme au coin de l’œil…

J’étais aux côtés de Jeanne, l’héroïne et narratrice du roman. Elle m’a livré son histoire sans que je n’ai eu besoin de porter ni sa douleur, ni ses souffrances. Jeanne gère elle-même sa vie, sa maladie et son passé. Elle raconte simplement ses malheurs, son quotidien. À nous d’en tirer le/les message(s) d’espoir et de joie.

Des larmes intérieures m’accompagnent toujours. Au bord des larmes. Pourquoi ? Elles furent tellement rares à ma lecture… Et c’est maintenant, que je pourrais « m’écrouler » !? Fondre en larmes !? Pourquoi ?
Est-ce dû à Clarisse ? À Perig ? Ou est-ce dû à Brigitte, mère rejetée ? Et si le pourquoi était inutile à chercher ?

Une joie féroce a résonné en moi, comme je le présentais. La surprise a été dans l’aventure de Jeanne et ses amies. Les sourires et rires se sont glissés ici ou là et je garderai toujours en moi, je l’espère, cette magnifique métaphore en point final.