À mes heurs retrouvés (blog d'avant), Côté lecture

Lizzie Blakeston (Louis Hémon) ; La nouvelle espérance (Anna de Noailles)

Le destin tragique de deux femmes au début du XXème siècle : Lizzie, Sabine ; toutes deux dans l’attente d’une vie meilleure pour l’une et de l’amour pour l’autre. Une mer, un milieu et une génération les séparent. Je les trouve pourtant si proches.

Lizzie Blakeston, adolescente, grandit dans les rues de l’East End à Londres. Elle côtoie la misère, les privations et travaille en usine. Elle rêve… d’autre chose.

« Elle préférait s’asseoir près de la fenêtre et laisser couler les minutes et les heures sans penser à rien, avec le sentiment obscur que chaque moment représentait quelque chose de gagné, un peu de vie passée sans ennuis graves, une étape de plus accomplie sans effort vers cette chose qu’elle attendait et qui ne pouvait manquer de venir. »

(p. 27. Louis Hémon, Lizzie Blakeston. Éditions Phébus libretto)

Sabine de Fontenay erre, flâne… s’ennuie au sein de l’aristocratie parisienne. Elle rêve, elle aussi, d’autre chose : elle attend, espère l’amour malgré son mariage.

Elles existent mais ne vivent pas pleinement. La joie manque à leur quotidien couvert de tristesse et de mélancolie, sans cesse leurs pensées voguent vers cet ailleurs si souvent dessiné, imaginé…

Émotions et délicatesse au fil des pages de Lizzie Blakeston et de La nouvelle espérance. Peu de pages pour décrire ces deux vies mais assez pour comprendre combien la nôtre est précieuse.