À mes heurs retrouvés (blog d'avant), Côté lecture

Anne Liu. Le deuil du conjoint (de l’ombre à la lumière).

Trois ans après Carnet d’à Dieu, mon amour, Anne Liu réécrit – accompagnée de professionnels, de veuves et veufs – sur le deuil de son conjoint et Le deuil du conjoint.

Un livre destiné aux veuves et veufs et donc moins intime cette fois, plus technique. Pas assez littéraire ou poétique à mon goût : les poèmes, les prières et les témoignages sont présents, mais restent en retrait, en dernière partie de l’ouvrage… Dommage. Peut-être aurais-je dû être indisciplinée et commencer par la fin du livre… pour mieux l’apprécier (si je peux me permettre un tel mot) ? Certainement.

Mais cette partie technique m’aura renseigné sur l’après : après la mort, l’enterrement, quand vient la solitude et l’absence, quand l’endeuillé(e) doit mettre de côté ses émotions, sa peine, sa souffrance, sa douleur pour faire face aux démarches administratives, au tri des affaires de l’en-allé(e), à bien d’autres tâches ingrates. Alors, à moi, de mon vivant, de faire le tri, de préparer l’après de ma mort, me murmure une petite voix.

Le deuil du conjoint peut-il lui aussi se préparer ? Même en parlant de la mort sans aucune retenue, serais-je prête à vivre, à accueillir cette épreuve ? Je n’en suis pas certaine. Malgré mes lectures sur le sujet, je ne peux connaître par avance mes réactions, mes émotions face à la mort de mon conjoint.

J’ai réussi à rester en vie, a écrit Joyce Carol Oates. J’espère pouvoir l’écrire à mon tour, si jamais, jamais…